Témoignages, Pèlerinage Notre Dame de Paris
"Cela fait des mois que nous nous préparons à retrouver Notre-Dame, toutes ces images diffusées depuis la réouverture de la cathédrale en décembre nous accompagnent.
Enfin dimanche 30 mars ! Avec le car affrété par l'AFC de Louviers, notre groupe de pèlerins de tous âges, après avoir chanté les Laudes, et traversé Paris qui s'éveille encore, arrive près de la grande dame.
Nous approchons, groupés autour du père Jordan. Le parvis fourmille déjà de badauds et pèlerins. De loin le Christ du portail du jugement dernier nous accueille. Nous passons la porte à la suite de tant d'hommes et de femmes, depuis des siècles, inconnus ou illustres, aimantés par ce joyau de pierre qui s'élève dans le ciel à une hauteur inouïe. Malgré la foule qui déambule dans l'édifice, la messe de 10h est célébrée. Jésus se fait présent dans l'Eucharistie. Joie indicible de sentir le Christ nous envelopper alors que nous plongeons dans les entrailles de Notre-Dame, pierres blanchies, immaculées.
Je sens les doigts de tous ces artisans qui ont restauré cette belle dame, patiemment, durant des mois, leurs mains mêlées à celles de tous ceux qui ont bâti, sculpté et peint ce vaisseau au cœur de Paris. Quelle splendeur! Quelle hauteur! Quelle lumière!
Nous faisons le tour par la gauche depuis l’allée de la Promesse avec sa succession de prophètes de l’ancien testament. Nous traversons la bible presque physiquement, en admirant les chapelles latérales superbement restaurées. J'ai envie de m'arrêter dans chacune et d'y demeurer. Mais l'heure tourne et nous devons prendre place pour la messe de 11h30. C'est le 4e dimanche du Carême, Laetare, qui nous invite à entrevoir la résurrection du Christ. Les prêtres sont revêtus de leur chasuble rose, jour de fête !
Telle une petite sœur, Notre-Dame de Louviers est mise à l'honneur puisque le père Jordan concélèbre la messe tandis que deux jeunes paroissiennes de Louviers sont invitées à faire des lectures. Leur belle voix, profonde et assurée, résonne dans la cathédrale.
C'est l'Evangile du fils prodigue. Nous sommes les enfants bien aimés du Seigneur puisque nous sommes vivants. Vivants comme la cathédrale relevée de ses cendres.
Après le déjeuner dans la magnifique salle du cloître de la paroisse Saint-Séverin à quelques minutes à pied, nous revenons dans Notre-Dame pour suivre la démarche jubilaire, nous unissant à nos frères et sœurs du monde entier. Beau chemin intérieur alors que la foule de touristes mélangée aux pèlerins bourdonne par grappes dans tout l'édifice. Nous sentons leur admiration, leur joie. La paix irradie ce lieu, non seulement à l'intérieur mais aussi à l'extérieur, sur le parvis et dans les rues adjacentes.
Plus belle que jamais, Notre-Dame est en réalité plus vivante.
Puis c'est la conférence de carême du Père Gilles Drouin intitulée "De la fille de Sion, à la Mère de l'Eglise, un itinéraire liturgique avec Marie". Le niveau est élevé, certains décrochent. D'autres se laissent emporter dans cette "balade spirituelle" passionnante, où s'entrelacent des éléments de la cathédrale, des versets bibliques et des citations d'auteurs. J'entends encore les mots de Claudel, dans « la Vierge à Midi », poème sublime qui revient depuis à mes oreilles comme une petite musique.
Notre pèlerinage s'achève, c'est l'heure du retour. Le soir venu, alors que mes yeux se ferment, de nombreuses images se succèdent dans ma tête. Tel un oiseau, je m'envole dans Notre-Dame pour admirer un détail, en pierre, en verre, en métal, d'hier ou d'aujourd'hui, de demain également. Éternelle Notre-Dame."